« Le remède à l’ennui, c’est la curiosité. La curiosité, elle, est sans remède »

La chambre des Merveilles...

Le cabinet de curiosités...


Ne sommes-nous pas tous des collectionneurs (plus ou moins atteints) ?

Nous dressons des inventaires de ce que nous trouvons de la nature, et de la culture.

Naturalia, et artificialia.


D'où nous vient cet attrait, que collectionnons-nous et pour quels plaisirs ?

Les cabinets de curiosités sont des lieux foisonnants, merveilleux, parfois effrayants, toujours fascinants !


Voici le premier volet sur le thème des cabinets de curiosités.

Une petite introduction aux cabinets de curiosités.


Voyage à travers le temps


« Le remède à l’ennui, c’est la curiosité. La curiosité, elle, est sans remède » (anonyme)


Au XVIe siècle, le Nouveau Monde déverse ses merveilles et l'objet se justifie par sa rareté, mêlée parfois d'une attirance pour l'étrangeté, la bizarrerie, l'exotisme.

Le champ lexical


de l'étrange et donc hors-normes,

du caractère rare et donc précieux,

de l'exotisme et donc évoquant un ailleurs et les voyages


caractérisent ces cabinets florissants...

Certains peintres s'empareront également de représenter ces nouveaux mondes...


Les cabinets de curiosités étaient des pièces entières, ou parfois réduits à des meubles qui condensaient et concentraient un mélange hétéroclite d'objets rares et précieux.

Y étaient exposés des choses naturelles (d'origine minérales, végétales, animales), et des choses artificielles, créées de la main de l'humain, des objets scientifiques, des objets modifiés, assemblés.

C'est à la période de la Renaissance en Europe qu'ils sont apparus.

Ils constituaient les prémisses des musées.


Remps Domenico, 1620-1699, Cabinet de curiosité, huile sur toile

La fonction de ces cabinets de curiosité ?


- (Faire) découvrir le monde, voyager dans le temps et dans l'espace grâce à ces choses rassemblées provenant de lieux et d'époques variés

- (Mieux) le comprendre, y porter un regard singulier

- Confirmer ou nourrir des croyances (liées à des créatures monstrueuses, imaginaires, etc dont on aurait rapporté des preuves de l'existence)

Cabinet de curiosité de Léonard de Vinci, au Château du Clos Lucé

Au XVe et XVIe siècle, les cabinets de curiosités émergent, ils accumulent les objets, les minéraux, les animaux. Se mêlent des choses issues du règne animal, végétal, minéral.

On représentait déjà des Nature Mortes et des Vanités, des réflexions méditatives sur la vie, la mort, notre condition matérielle, notre finitude autant que notre infinitude...


Harmen Steenwyck - Allégorie aux vanités de la vie humaine, v.1640

Dans les Vanités, on retrouvait déjà cette idée de mise en scène, de composition dans laquelle dialoguent des éléments minéraux, végétaux, animaux, des objets fabriqués de la main de l'homme... et l'évocation de l'humain, dans ce qu'il a de plus vulnérable et passager.

La peinture de Vanité est déjà une mise en scène, une hiérarchisation qui permet aux éléments représentés de cohabiter et d'instaurer un dialogue par-delà le réel et les apparences.

Les Vanités sont des mises en lumière de vecteurs de méditation sur la vie, la mort, les sciences, la connaissance, les objets, les matériaux...

L'impermanence de toute chose...


Au XVIIe et XVIIIe siècle, on commence à classifier et à rationaliser ces objets.

C'est le Siècle des Lumières. On trie et on classe les objets en fonction de la connaissance qu'on en a. Tout est soumis à l'étude scientifique.

Le collectionneur recueille, étudie et rassemble, classe, ordonne le désordre apparent du Monde.

Le cabinet de curiosité devient une fenêtre ouverte sur le Monde : il rassemble en son cœur tout un tas d'objets et de matériaux provenant de l'Univers.

Du microcosme au macrocosme.


Cabinet de curiosité, 1666 huile sur toile, de Johann George Hinz (1630-1688)

Le collectionneur crée du lien entre toutes ces choses qui cohabitent.

Ce sont de merveilleuses chambres qui racontent des histoires incongrues, dans lesquelles la hiérarchie semble absente : c'est la re-création du monde par son collectionneur.

Re-créer le monde, c'est se l'approprier, lui donner un sens et entretenir une vision personnelle de celui dans lequel nous vivons.


Maison Deyrolles, Paris

A travers les cabinets de curiosités, nous rêvons d'un ailleurs à partir d'objets étranges, naturels et fabuleux issus de notre monde réel, passé et présent...

Les cabinets de curiosités grouillent d'associations à travers lesquelles on réinvente notre monde. On le rend merveilleux, effrayant, chimérique, onirique, curieux, ...