Les mystères de l'union du corps et de l'esprit au 18e siècle

Aborder la nature complexe des rapports de notre corps et notre l'esprit me fascine.


Et je trouve cela d'autant plus fascinant à travers le prisme du temps, et me plonger au 18e siècle, avant l'ère de la neurologie (qui apparaît dans la 2e moitié du 19e siècle).


Aujourd'hui, je souhaite partager mes premières impressions suite à la découverte d'un livre (dont j'ai tout juste commencé la lecture) :

Il s'agit de

Technique du corps et traitements de l'esprit au 18e et 19e siècle,

de Serge Fauché, paru en 1997.

Techniques du corps et traitements de l'esprit au 18e et 19e s.

J'ai emprunté ce livre car j'aime me plonger dans une époque que je n'ai pas connue, et tenter d'y voir des évolutions, des changements de pensées, de méthodes, des visions du monde, du corps et de l'esprit pour éclairer la vision que j'en ai aujourd'hui.


Avant, je pensais que je prenais plaisir à découvrir des méthodes et des croyances que nous avions au Moyen-Âge parce que cela me rendais plus "évoluée", plus "avancée".

Aujourd'hui, la raison est tout autre : cela me permet de remonter le fil des croyances et des pensées et me remettre à ma place d'être humain qui cherche à comprendre son fonctionnement, ce qui l'habite, ses dérèglements, son équilibre.

A mes yeux, c'est le programme de la médecine (aka science dont le but est de conserver, rétablir (et maintenir !) la santé).


Au 18e siècle, ce que les médecins et scientifiques nommaient "esprit" correspond à notre.nos pensées, et plus largement, et sous forme de métaphore notre "âme", et nos actes cérébraux.

Aujourd'hui, ce terme va englober nos émotions, sentiments, pensées, souvenirs, etc.


Au 18e siècle, le corps humain est perçu comme une machine hydraulique

"jouissant de la vie au moyen d'un mouvement assidu et réglé des humeurs qui passent par des vaisseaux et ayant en soi des conduits semblables aux racines des plantes"

(dixit J.O De La Mettrie, médecin-philosophe français, en 1751)


Je trouve cette image très symbolique, elle me parle beaucoup !

Dit ainsi, cela semble simple... et si complexe à la fois (j'emploie toujours le terme "complexe" dans le sens de délicat, résultant d'un ensemble de plusieurs concepts).


théorie des humeurs

(j'écrirais un autre article relatif aux "humeurs", car il y a tellement à dire !)


La santé du corps et de l'esprit : c'est la bonne marche de la machine : un état de "juste équilibre entre les liqueurs et les tuyaux"

(les liqueurs sont les liquides du corps, les tuyaux nos organes et nos viscères).

C'est donc un jeu rythmé des organes et un écoulement harmonieux de nos fluides vitaux qui assurent la santé de notre corps et notre esprit.


planche montrant les nerfs s'insérant dans le coeur

En 1744, D'Alembert écrit le Traité d'équilibre et du mouvement des fluides.


Il y fait état de la "machine humaine" qui contient des humeurs dont les déplacements obéissent à la physique des liquides.

Il précise que son fonctionnement est également tributaire des forces exercées à la surface du corps.

C'est là qu'on commence à se questionnement sur les relations entre l'intérieur et l'extérieur du corps.

On se rend bien compte que des liens de causes à effets se manifestent, mais nous disposons encore de peu d'éléments.

Alors, on fait des expériences, on teste des solutions (toutes plus horribles les unes que les autres)... On cherche à comprendre, à détenir les clés de fonctionnement de notre corps et notre esprit !


Au fond... Est-ce sensiblement différent de nos jours ?


Certains pensent qu'au 18e siècle, l'état de la science, la médecine, la recherche était attardée sur la "connaissance", sur le corps humain et ses mécanismes.

Personnellement, je pense qu'aujourd'hui nous disposons certes de plus de mots de vocabulaire, d'outils, d'instruments, de machines de mesures, etc.

Mais dans le fond... cela ne reste qu'une vision parmi tant d'autres !

Je suis convaincue que ce que nous nommons les sciences ne sont pas des vérités universelles et encore moins irréfutables.

Je vois la science comme une foi. Elle évolue en fonction de découvertes et de changements de pensées.

La "science" n'est pas la même partout, et chacune est valable.


Les méthodes employées au Moyen-Âge, et même à la Renaissance ne sont pas plus barbares ou arriérées que celles d'aujourd'hui qui, pour certaines, se montrent toujours invasives et nocives pour l'être humain.

La différence est qu'au 18e siècle, là où on pratiquait des saignées, des brûlures, des actes terribles et "visibles" sur le corps de malades, aujourd'hui, cela se passe de manière sournoise car silencieuse, et invisible.


Pour conclure ce court article spontané et peu structuré (je progresserai !), pourquoi la médecine occidentale, la science occidentale seraient-elles plus vraies et plus "avancées" que le chamanisme, le magnétisme, ou d'autres techniques de guérison qui nous apparaissent obscures parce que hors de notre culture ?


Ces questionnements, ces lectures, ces remises en questions de ce que je "sais" m'amènent à développer une curiosité croissante vers des pratiques et des croyances totalement différentes de celles que j'ai acquises par ma culture et mon éducation, à m'intéresser à diverses visions du corps et de l'esprit, m'en nourrir et être encore plus ouverte.


Je continuerai de partager la suite de ma lecture, et je tenterai même de structurer mon propos la prochaine fois ! (c'est pas promis, mais presque !)


Et vous, avez-vous découvert d'autres visions du corps et de l'esprit, peut-être lors de voyages, de rencontres, d'éducation ?